Tourisme

By Ninon et Steve

Paysage Sénégal : dunes, mangroves et sites UNESCO à découvrir

Le Sénégal ne se résume pas aux plages de la Petite Côte. D’un bout à l’autre du pays, tu passes de lagunes couvertes d’oiseaux à des dunes ocre, puis à des mangroves où l’on circule en pirogue, et enfin aux collines vertes du pays Bassari. Ce guide te dit où trouver chaque paysage, quand y aller et ce qu’il faut savoir avant de partir.

Quels sont les plus beaux paysages du Sénégal ?

Si tu dois retenir une chose, c’est que le pays change de visage selon l’axe que tu prends. Le nord est sec et ouvert, avec le fleuve Sénégal en fil conducteur. Le centre ouest mélange dunes, lac salé et littoral. Le sud et l’est deviennent nettement plus verts et plus vallonnés.

L’UNESCO a inscrit sept biens sénégalais au patrimoine mondial. Deux sont naturels, cinq sont culturels, et plusieurs d’entre eux sont avant tout des paysages habités.

Paysage Région Ce que tu y vois
Parc du Djoudj Delta du fleuve Sénégal, nord Lacs, marigots, pélicans, crocodiles
Île de Saint-Louis Embouchure du fleuve, nord Ville coloniale, quais, maisons à balcons
Désert de Lompoul Entre Dakar et Saint-Louis Dunes de sable orangé
Lac Rose Près de Dakar Lac salé, récolte de sel à la main
Delta du Saloum Centre ouest Mangroves, îles, amas de coquillages
Niokolo-Koba Sud-est, fleuve Gambie Savane, forêts galeries, grande faune
Pays Bassari Extrême sud-est Collines, terrasses, villages perchés

Où voir les oiseaux et le fleuve dans le nord du Sénégal ?

Direction le parc national des oiseaux du Djoudj, dans le delta du fleuve Sénégal. Sur 16 000 hectares, c’est un grand lac entouré de chenaux, d’étangs et de bras morts. L’UNESCO y compte environ 1,5 million d’oiseaux, avec le pélican blanc, le héron pourpré, la spatule africaine ou la grande aigrette. Il y a aussi des crocodiles et des lamantins, plus discrets.

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Vas-y entre novembre et avril, quand les migrateurs venus d’Europe passent l’hiver sur place. Hors de cette fenêtre, le spectacle perd beaucoup de son intérêt.

Le Djoudj se visite le plus souvent depuis Saint-Louis. Et franchement, la ville vaut le voyage à elle seule. Fondée par les Français au XVIIe siècle sur une petite île entre deux bras du fleuve, elle a été capitale du Sénégal de 1872 à 1957. Son plan en damier, ses quais et ses maisons à balcons forment un décor qu’on ne retrouve nulle part ailleurs dans le pays. On y entre par le pont Faidherbe, ouvert en 1897.

Sur la route entre Dakar et Saint-Louis, le désert de Lompoul fait une étape surprenante. Ses dunes orangées ne couvrent qu’une petite poche à quelques kilomètres de l’océan. Mais au coucher du soleil, tu te croirais beaucoup plus loin dans les terres.

Le Lac Rose vaut-il encore le détour ?

Oui, à condition de ne pas partir avec une photo retouchée en tête.

Le lac Retba, son vrai nom, doit sa teinte à une micro-algue qui supporte des eaux très salées. Sauf que la couleur varie selon la saison, la lumière et le niveau de l’eau, et la presse sénégalaise s’inquiète depuis plusieurs années d’un lac qui pâlit. Ce qui reste fascinant, c’est le travail des récolteurs de sel, qui raclent le fond depuis leurs barques et entassent le sel en monticules blancs sur la rive. C’est là que se trouve la vraie scène, plus que dans la nuance du rose.

À quoi ressemble le delta du Saloum ?

Imagine un labyrinthe d’eau saumâtre d’environ 5 000 km², formé par les bras de trois cours d’eau. Plus de 200 îles et îlots, des mangroves à perte de vue, de la forêt sèche et l’Atlantique en bordure. Voilà le Saloum, inscrit à l’UNESCO en 2011.

Ce paysage est aussi une histoire humaine. Les habitants y vivent de la pêche et de la cueillette des coquillages depuis des siècles, et ils ont laissé 218 amas coquilliers, dont certains s’étirent sur plusieurs centaines de mètres. On y trouve aussi 28 tumulus funéraires. Autrement dit, une partie du relief que tu vois depuis la pirogue a été construite par l’homme, coquille après coquille.

Pour le découvrir, la pirogue reste le meilleur moyen. Tu glisses entre les palétuviers et tu t’arrêtes sur une île quand l’envie te prend. Les campements se ressemblent beaucoup en photo, alors applique le réflexe qu’on a toujours avant de réserver un hébergement : comparer plusieurs plateformes.

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Le Saloum revient d’ailleurs souvent dans les idées de séjour au soleil en hiver, comme dans notre sélection de destinations chaudes et pas chères en décembre.

Que voir dans le Sénégal oriental, du Niokolo-Koba au pays Bassari ?

C’est la partie la moins fréquentée du pays. Et à notre avis, la plus intéressante.

Le parc national du Niokolo-Koba couvre 913 000 hectares le long du fleuve Gambie. Forêts galeries, savanes, et une faune qu’on n’imagine pas forcément au Sénégal : élans de Derby (la plus grande des antilopes), chimpanzés, lions, léopards. Le parc a passé dix-sept ans sur la liste du patrimoine mondial en péril, à cause du braconnage, des feux de brousse et de l’assèchement des mares. L’UNESCO l’en a retiré en 2024. Ne t’attends pas pour autant à un safari façon Afrique de l’Est, les animaux restent difficiles à voir.

Plus au sud, près des frontières du Mali et de la Guinée, commence le pays Bassari. Les contreforts du Fouta Djalon offrent un relief rare au Sénégal, avec une plaine cultivée au nord et des montagnes plus abruptes au sud, creusées de grottes. Trois peuples y vivent, les Bassari, les Peuls et les Bédik, installés entre le XIe et le XIXe siècle. Le secteur de Dindéfello, côté peul, est surtout connu pour sa cascade.

Ici, le paysage a été façonné par ceux qui l’habitent. Les Bassari ont aménagé des terrasses et des rizières, et les Bédik serrent leurs maisons sous des toits de chaume pentus. Quant aux anciens villages perchés sur les hauteurs, on n’y remonte plus que pour les cérémonies et les fêtes.

Où croiser la culture locale au fil de ces paysages ?

Partout, en fait. Mais quatre lieux racontent mieux que les autres l’histoire du pays.

  • L’île de Gorée, au large de Dakar, inscrite dès 1978. Ses ruelles colorées contrastent avec ce qu’elle rappelle, la traite négrière.
  • Les cercles mégalithiques de Sénégambie, des ensembles de pierres dressées partagés avec la Gambie, au centre du pays.
  • Saint-Louis et son architecture coloniale, déjà évoquée plus haut.
  • Les villages du pays Bassari, où les rites restent vivants.

Ajoute à ça les baobabs, que tu croiseras sur presque toutes les routes du centre et de la Petite Côte. Ils font partie du décor au point qu’on finit par ne plus les remarquer.

Quand partir au Sénégal et quelles précautions prendre ?

La saison sèche est la bonne. La saison des pluies, de juillet à octobre selon le ministère des Affaires étrangères, apporte des orages violents qui peuvent couper des routes, y compris à Dakar. C’est aussi en saison sèche que le Djoudj est le plus vivant. Le Sénégal apparaît d’ailleurs dans nos idées de pays chauds pas chers en février et de destinations ensoleillées en mars.

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Côté formalités et santé, le site Conseils aux voyageurs du ministère retient ces points :

  • Pour un séjour de moins de trois mois, un passeport valable plus de six mois suffit, sans visa pour les Français.
  • Le vaccin contre la fièvre jaune n’est plus exigé si tu arrives d’Europe, mais il est très fortement recommandé, et le carnet peut t’être demandé à la frontière.
  • Le risque de paludisme existe toute l’année. Parles-en à ton médecin avant de partir et protège-toi des moustiques le soir. Ton traitement préventif voyage en cabine, avec son ordonnance, comme on l’explique dans notre kit voyage avion.
  • Certaines parties de la Casamance, la frontière malienne et le sud de la frontière mauritanienne sont déconseillées sauf raison impérative.

Un dernier point que beaucoup sous-estiment : la mer. Sur la Grande Côte, au nord de Dakar, elle est dangereuse et rarement surveillée, et des noyades touchent aussi de bons nageurs. Garde tes baignades pour les plages réputées calmes et admire les rouleaux depuis le sable.

FAQ

Combien de sites UNESCO compte le Sénégal ?

Le Sénégal compte sept biens inscrits au patrimoine mondial. Les deux biens naturels sont les parcs du Djoudj et du Niokolo-Koba. Les cinq biens culturels sont l’île de Gorée, l’île de Saint-Louis, les cercles mégalithiques de Sénégambie, le delta du Saloum et le pays Bassari.

Quelle est la meilleure période pour voir les paysages du Sénégal ?

La saison sèche, c’est-à-dire en dehors des mois de juillet à octobre. Les routes sont praticables et les oiseaux migrateurs sont présents au Djoudj entre novembre et avril. Le sud-est peut devenir très chaud en fin de saison sèche, mieux vaut donc le viser plus tôt.

Peut-on voir le Sénégal en une semaine ?

Oui, mais en choisissant un axe. Une semaine permet de combiner Dakar, Gorée, le Lac Rose et le Saloum, ou bien Saint-Louis, le Djoudj et Lompoul. Le Niokolo-Koba et le pays Bassari demandent plusieurs jours de route en plus.

Le Lac Rose est-il toujours rose ?

Pas toujours. Sa couleur dépend d’une micro-algue, de la salinité et de la lumière, et elle change selon la saison. La récolte du sel, elle, se regarde quelle que soit la teinte de l’eau.

Sources

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