Le col du Vršič, c’est la route qui relie Kranjska Gora à la vallée de la Soča en passant à 1 611 mètres, le plus haut col routier de Slovénie. Elle aligne 50 lacets, traverse le parc national du Triglav et ferme en hiver à cause de la neige. Si tu passes quelques jours dans les Alpes juliennes, c’est la journée à ne pas rater.
Où se trouve le col du Vršič et d’où part la route ?
Le col est au nord-ouest de la Slovénie, en plein parc national du Triglav, le seul parc national du pays. La route part de Kranjska Gora, le village de montagne au pied du col, longe le lac de Jasna, grimpe jusqu’au sommet puis redescend sur Trenta, dans la haute vallée de la Soča. Au bout, tu arrives vers Bovec.
Sur le papier, c’est la route régionale R1-206. Dans la région, tout le monde l’appelle la route russe, et tu vas vite comprendre pourquoi.
Pour venir de France, le plus simple reste l’avion jusqu’à Ljubljana, puis la voiture. Beaucoup de voyageurs combinent avec quelques jours à Ljubljana avant de monter vers les montagnes.
Pourquoi l’appelle-t-on la route russe ?
Parce qu’elle a été construite par des prisonniers de guerre russes, pendant la Première Guerre mondiale.
L’Autriche-Hongrie avait besoin d’une route pour ravitailler le front de l’Isonzo, la Soča en slovène, et évacuer les blessés. Des prisonniers capturés sur le front de l’Est ont été envoyés dans les Alpes juliennes pour la percer, dans des conditions très dures. Le chantier démarre en 1915. Et l’hiver suivant tourne au drame.
Les 8 et 12 mars 1916, deux avalanches parties de la Mojstrovka ensevelissent les baraquements côté Kranjska Gora. Selon la radio-télévision publique slovène, elles tuent 300 prisonniers. Une autre avalanche, côté Trenta, en emporte 60 de plus la même année. Les historiens estiment qu’environ 1 000 prisonniers russes sont morts sur ce chantier pendant la guerre.
Pour honorer leurs camarades, les survivants construisent une petite chapelle orthodoxe en bois, dans une clairière sous le col. C’est la chapelle russe, dédiée à saint Vladimir et classée monument culturel. Les ossements retrouvés lors de travaux d’élargissement en 1937 reposent sous une pyramide de pierre juste à côté, avec l’inscription « Aux fils de la Russie ». Franchement, prends dix minutes pour t’y arrêter. Ça change complètement la façon dont tu regardes les lacets ensuite.
Comment se passe la montée, lacet par lacet ?
La route compte 50 lacets en épingle, 24 côté Kranjska Gora et 26 côté Trenta. Chacun porte un panneau avec son numéro, ce qui donne des repères bien pratiques pour savoir où s’arrêter. La numérotation part de Kranjska Gora : le 24 est le dernier avant le sommet, puis on continue à compter dans la descente.
Le versant de Kranjska Gora
Tu passes d’abord le lac de Jasna, puis la route attaque la pente en forêt. La chapelle russe se trouve dans les premiers lacets, entre les refuges Mihov dom et Koča na Gozdu. Gare-toi un peu plus haut et finis à pied.
Plus haut, garde un œil sur la paroi du Prisank. Tu y repères une grande fenêtre naturelle percée dans la roche, et la Jeune Païenne (Ajdovska deklica), un visage de femme que l’érosion a dessiné dans la falaise. Il faut un peu chercher au début. Mais une fois que tu l’as vue, tu ne vois plus qu’elle.
Sur ce versant, plusieurs refuges jalonnent la montée : Mihov dom à 1 085 mètres, Koča na Gozdu à 1 226 mètres et Erjavčeva koča à 1 515 mètres.
Le sommet
Au col, le refuge Tičarjev dom (1 620 mètres) attend juste avant la descente. Un chemin empierré continue jusqu’à Poštarski dom, à 1 725 mètres, pour ceux qui veulent un panorama un peu plus large sans partir en vraie randonnée. Le parking du sommet est petit, donc en plein été, arrive tôt.
Le versant de Trenta
La descente côté sud est plus longue en nombre de lacets et bascule dans un autre décor, plus ouvert, plus minéral. En chemin, tu croises le monument au Dr Julius Kugy, l’alpiniste qui a raconté ces montagnes, la bifurcation vers la source de la Soča et le jardin botanique alpin Juliana, à Trenta. Ensuite, la rivière turquoise t’accompagne jusqu’en bas.
Le col du Vršič est-il ouvert toute l’année ?
Non. En hiver, la neige et les avalanches ferment la route. Pendant la fermeture, les voitures montent seulement jusqu’au refuge Koča na Gozdu, et le col reste le terrain des skieurs de randonnée et des randonneurs d’hiver équipés.
Les dates d’ouverture et de fermeture changent chaque année selon l’enneigement. Au printemps et à l’automne, regarde l’état de la route sur promet.si, le site officiel d’info trafic slovène, le jour même. Ce n’est pas une précaution en trop : une route ouverte la veille peut fermer après une chute de neige.
Est-ce une route difficile à conduire ?
Elle se fait en voiture de location classique, mais elle demande de l’attention. La route est asphaltée, avec des lacets pavés par endroits. Elle est étroite et assez raide dans la partie haute.
Le vrai sujet, l’été, ce sont les autres usagers. Cyclistes, motards, randonneurs qui traversent, voitures arrêtées pour une photo : roule doucement et anticipe chaque virage. Par temps de pluie, les pavés glissent, donc on lève encore le pied. Avec une caravane ou une remorque, on te déconseille franchement l’aventure, vu la courbure des épingles.
Et si tu ne veux pas conduire du tout ? En été, une ligne de bus relie Kranjska Gora à Bovec par le col. Tu profites du paysage sans stresser sur les épingles.
Que faire une fois le col franchi ?
Au fond, le Vršič est surtout un passage. Et ce qu’il y a derrière vaut largement les 50 épingles.
De l’autre côté, tu descends dans la vallée de la Soča et ses eaux turquoise. Si tu aimes l’eau vive, file jusqu’à Bovec, la base du rafting et du canyoning. Un peu plus au sud, vers Kobarid, la cascade de Kozjak vaut le petit détour à pied.
Notre conseil : ne fais pas l’aller-retour dans la journée. Dors une nuit côté Soča et reviens par une autre route, ou fais la boucle sur deux jours. Pour l’hébergement, on compare toujours plusieurs plateformes avant de réserver, et dans une vallée aussi demandée en été, les écarts de prix pour une même chambre peuvent surprendre.
FAQ
Combien de lacets compte la route du Vršič ?
La route en compte 50. Il y en a 24 côté Kranjska Gora et 26 côté Trenta. Chaque lacet est signalé par un panneau numéroté.
Quelle est l’altitude du col du Vršič ?
Le col culmine à 1 611 mètres. C’est le plus haut col routier de Slovénie. Le refuge Tičarjev dom se trouve juste à côté, à 1 620 mètres.
Peut-on visiter la chapelle russe en hiver ?
En principe oui, puisque la chapelle se trouve entre Mihov dom et Koča na Gozdu, et que les voitures montent jusqu’à ce refuge même quand le col est fermé. Les abords restent enneigés, donc prévois de bonnes chaussures. Et renseigne-toi sur le risque d’avalanche avant de marcher plus haut.
Faut-il une voiture pour franchir le Vršič ?
Pas forcément. En été, un bus relie Kranjska Gora à Bovec en passant par le col. Hors saison, la voiture reste la seule option pratique, et seulement quand la route est ouverte.
Sources
- Vršič Pass and the Russian Road (Office de tourisme de Kranjska Gora)
- Centenary of a church built in the suffering of World War I (RTV Slovenija)



